Union pour la Méditerranée - Conférence de Presse

(Paris, 13 octobre 2011) - Union pour la Méditerranée - Conférence de presse conjointe du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes, Alain Juppé, et du Secrétaire Général de l’Union pour la Méditerranée, Youssef Amrani - Propos de M. Juppé -

Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que j’accueille ce matin M. Amrani, le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée. Je m’étais rendu à Barcelone le 5 juillet dernier pour assister à son installation. Je voudrais le remercier et le féliciter de tout le travail qu’il a accompli au cours de ces trois mois, notamment pour convaincre, à la fois les pays du nord et du sud de la Méditerranée, de l’existence de l’UpM et de la nécessité, plus que jamais, de relancer cette Union pour faire face à tout ce qui se passe autour de notre mer commune.

La relance de l’Union pour la Méditerranée doit passer pour l’essentiel - et nous en sommes tombés d’accord - par des projets concrets. Je crois que pour fédérer toutes les initiatives qui existent autour de la Méditerranée - la politique européenne de voisinage, le Partenariat de Deauville, les initiatives du 5 + 5 -, le meilleur moyen est de faire avancer les projets concrets. Nous avons évoqué quelques uns de ces projets : par exemple, l’Office méditerranéen pour la jeunesse que M. Amrani veut enrichir en élargissant le spectre de ses activités à l’emploi, à la création d’entreprise, à la formation des jeunes.

Je partage tout à fait le sentiment de M. Amrani que l’Union pour la Méditerranée doit favoriser l’intégration régionale ; tous les projets de liaison entre les pays du Maghreb méritent donc également d’être encouragés. Je rappelle aussi qu’il y a des projets en matière de protection civile ou en matière d’énergie.

En ce qui concerne la gouvernance de l’Union pour la Méditerranée, le secrétariat général, sous l’impulsion de M. Amrani, fonctionne de manière tout à fait remarquable. Il nous faut maintenant songer à remettre en place une coprésidence puisque c’est la philosophie même de l’Union pour la Méditerranée. Nous allons travailler, dans les prochaines semaines, à cette égalité de responsabilité entre le Nord et le Sud

Q - Pouvez-vous nous donner une idée sur les projets développés pour le Maroc et le degré d’implication du Maroc dans l’UpM ? Où en est-on du projet d’adhésion de la Libye à l’UpM ?

R - Le secrétaire général ne représente pas le Maroc, ici, il est là dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée. Mais le Maroc est évidemment un acteur absolument essentiel de cette Union. J’ai eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises avec M. Fassi-Fihri, à New York notamment, dans nos contacts bilatéraux. Le Maroc a un rôle très important à jouer dans l’Union pour la Méditerranée, et tout particulièrement dans l’intégration régionale intermaghrébine dont nous avons parlé ce matin.

Je le redis, la Libye a toute sa place dans l’Union pour la Méditerranée et nous en parlons avec le Conseil national de transition, dont les priorités, vous le savez, sont tout simplement de terminer la phase de transition et d’engager la mise en place des nouvelles institutions. Je comprends que le Conseil national de transition ait beaucoup de choses à faire, mais nous souhaitons l’impliquer pleinement.

Parmi les projets concrets cités par M. Amrani, il me semble que la Fondation pour les femmes est un très beau projet qui pourrait contribuer utilement au dialogue Nord-Sud.

Q - Des projets politiques ont-ils été abordés durant la réunion, notamment pour la Syrie et pour les pays du Moyen-Orient ?

R - Il va de soi que l’Union pour la Méditerranée ne fonctionne pas en dehors des réalités politiques et de toutes les crises qui secouent et transforment le sud de la Méditerranée. Mais le rôle de cette instance n’est pas principalement politique ; ce rôle n’est pas principalement de régler ces problèmes. Nous essayons de travailler, je le répète, dans l’opérationnel, dans le concret et c’est cela qui permettra de faire avancer les choses.

Q - Où en est-on sur la position de la Russie quant à une résolution à l’ONU ? Concernant le Conseil national syrien, la France est-elle prête à le reconnaître ?

R - Sur la Syrie, vous connaissez la position de la Russie ; je ne pense malheureusement pas qu’elle ait évoluée au cours des dernières 48 heures. La Russie a opposé son veto à un projet de résolution. Nous le regrettons et nous allons continuer notre action dans cette direction.

L’Union européenne a encore complété les mesures de sanctions qu’elle a prises contre le régime syrien. Nous développons nos contacts avec les voisins de la Syrie, notamment les pays arabes et la Turquie. Nous dialoguons aussi avec l’opposition.

Lundi dernier, je me suis rendu à l’Odéon où était réunie une partie importante des artisans du Conseil national syrien. Nous allons poursuivre le dialogue avec eux./.

Dernière modification : 18/10/2011

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