Installation de la Commission de terminologie des Affaires Etrangères

Monsieur le Président de la Commission, Cher Thierry Burkard,

Monsieur le Délégué général à la langue française et aux langues de France, Xavier North,

Honorables Invités,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je vous souhaite la bienvenue ici au secrétariat d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie pour la cérémonie d’installation de la Commission de terminologie et de néologie des Affaires étrangères.

A proprement parler, il ne s’agit d’ailleurs pas d’une véritable installation puisque la Commission n’a pas cessé ses activités depuis le 17 septembre 1999, et que l’excellence de son travail nous a conduit avec Bernard Kouchner à reconduire par notre arrêté conjoint du 26 mars dernier, l’ensemble de ses membres pour un nouveau mandat.

Je veux ainsi féliciter Thierry Burkard, qui vient d’être reconduit à la présidence de la Commission, et saluer sa vaste expérience des relations internationales ainsi que sa sensibilité particulière aux besoins de la langue diplomatique.

Je félicite également la Commission toute entière qui vient d’achever son mandat, pour son apport inestimable à cet indispensable outil de la diplomatie qu’est notre langue, au cours des quatre années écoulées. Ainsi la 4ème liste de vocabulaire des relations internationales vient d’être soumise à l’examen de la Commission générale de terminologie.

Le collège des experts de la Commission, reconduit comme son président, est aujourd’hui rejoint par Mme Michèle Jacobs-Hermès, directrice de la Francophonie, des relations institutionnelles et de la promotion du français de TV5MONDE (qui ne peut pas être présente aujourd’hui), et par Mme Vicky Sommet, directrice déléguée aux Affaires internationales, chargée de la francophonie à Radio France Internationale.

Je leur souhaite la bienvenue au sein de notre Commission et je veux souligner l’intérêt de cette participation accrue des médias à l’évolution de la terminologie. En effet, la presse est sans doute, en terme de public touché, le premier vecteur de diffusion de notre langue, et donc de la qualité de notre langue.

C’est exactement ce qui est attendu de cette Commission : un français de qualité. Un français qui honore cette Maison comme nombre d’entre vous honorez la langue française.

(Je ne peux évidemment m’empêcher à ce moment de penser à Pierre-Jean Rémy et à son immense talent littéraire, comme ce matin lors de ses obsèques.)

Je rappelle que la diplomatie d’aujourd’hui est tournée vers des domaines de négociation et d’analyse politique en constant renouvellement.

Elle doit faire sienne des langues de spécialités qui parfois n’existaient pas il y a seulement dix ans, et qui exigent un vocabulaire sobre et précis.

Par ailleurs, le domaine des relations internationales est par nature soumis, plus que bien d’autres, à l’influence des termes étrangers, et il doit également prendre en compte des réalités nouvelles dans les secteurs politiques, sociaux, culturels ou de développement.

La terminologie des Affaires étrangères doit donc être à jour, en prise sur son temps.

La mission de cette Commission nous est ainsi indispensable, car la loi exige de nous l’emploi du français, particulièrement dans les enceintes internationales où notre langue dispose d’un statut qu’il nous faut défendre au quotidien.

Le Président de la République a rappelé le 20 mars dernier à l’Elysée, lors du 40ème anniversaire de la signature du Traité fondateur de Niamey, l’engagement prioritaire de la France pour la Francophonie.

Mais les efforts fournis à tous les niveaux de l’Etat pour promouvoir notre langue et les valeurs qu’elle véhicule ne seraient rien sans l’appui des Français eux-mêmes, et notamment de nos jeunes concitoyens dont l’inventivité dans le domaine de la terminologie ne connaît pas de limite. C’est précisément cette inventivité que j’ai mise à l’épreuve avec le concours "Francomot".

Je sais que certains, parmi les experts que vous êtes, ont dans un premier temps exprimé quelques doutes sur cette expérience ludique.

Elle a pourtant montré des résultats particulièrement encourageants, au premier rang desquels le nombre de participants, et démontré tout l’intérêt que la jeunesse de notre pays porte à sa langue.

"Francomot" a aussi démontré, si c’était nécessaire, que les locuteurs doivent s’approprier leur langue. Un terme, quelle que soit sa justesse, sa précision en français, est condamné à l’oubli si nul ne l’utilise et s’il n’existe que dans les dictionnaires. C’est l’adhésion des francophones qui lui donne vie.

Je sais que cette notion est présente à vos esprits, mais je veux insister sur son importance.

Cette initiative a enfin contribué à faire connaître l’excellent site du ministère de la Culture, "Franceterme", auquel la Commission des Affaires étrangères apporte une précieuse contribution.

C’est la raison pour laquelle, en lien avec la délégation générale à la langue française et aux langues de France, j’organiserai dans quelques mois une 2ème édition du concours "Francomot", à la recherche du mot francophone le plus juste, dont l’un des 5 termes sera cette fois le mot "spam" !

En attendant, je vous encourage à poursuivre votre travail. Croyez bien que chacun en dépend, ici comme dans l’ensemble du ministère, et que tous ceux qui chérissent notre langue vous sont reconnaissants.

Je vous remercie de votre aimable attention et vous convie au verre de l’amitié./.

Dernière modification : 07/05/2010

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